Maurice Rondeau est né le 25 août 1910 à Neuvy dans la Marne.
Il entre en octobre 1925 au petit séminaire de Meaux, dans la perspective de devenir prêtre.
Cette vocation est confirmée par son entrée en octobre 1933 au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1936.
Il est immédiatement nommé professeur de lettres au petit séminaire de Meaux (aujourd’hui Ensemble Scolaire Sainte-Marie) où il se fait remarquer par ses qualités d’éducateur.
Pour lui, l’éducation est une vocation dans la vocation. Il y fait merveille, ayant à cœur d’éveiller en chacun les qualités en sommeil.
Il consacre toute sa fougue, son enthousiasme et sa foi à cette tâche. Un de ses anciens élèves en témoigne : « Avec Rondeau, on ne badine pas, il faut admirer, il faut s’enthousiasmer comme lui et avec lui, il faut pleinement se donner et vivre ! »
Mais la guerre est déclarée. Le père Rondeau est mobilisé en septembre 1939 au 7ème régiment d’infanterie. Il a le grade de sergent. Lors de l’offensive allemande de mai 1940, il se distingue par son courage, notamment à Félicy (Nord), le 17 mai, ce qui lui vaut une citation à l’ordre de la Brigade et la Croix de Guerre.
À la fin de mai 1940, Maurice Rondeau est fait prisonnier et est interné au Stalag BI G près de Bonn en Allemagne.
Il y déploie jusque 1943 une intense activité culturelle et apostolique. Il fonde un journal de camp, « L’Écho de la Hardthöle », dont la renommée dépasse de beaucoup la clôture du stalag : Maurice Rondeau reçoit en 1943 le Prix de l’Académie Française.
Cependant il n’oublie pas qu’il est prêtre et organise au sein du camp une action catholique interne. En 1943, les allemands donnent la possibilité à certains prisonniers de devenir travailleurs civils.
Ils se méfient cependant des prêtres et leur interdisent de solliciter un poste. Maurice Rondeau, cachant son état sacerdotal auprès de l’officier de recrutement, devient employé de bureau dans une usine d’Aix-la-Chapelle. Cela lui permet de développer une intense activité pastorale, aidé en cela par le directeur de l’usine, fervent catholique, et tout un réseau qu’il réussit à mettre en place.
Mais le Centre d’Action Catholique qu’il a organisé est dénoncé à la Gestapo : Maurice Rondeau est arrêté et déporté à Buchenwald le 17 septembre 1944.
Il va vivre – survivre – près de huit mois dans cet enfer. Le travail harassant, le manque de nourriture, les brimades, loin de l’abattre, le stimulent : il célèbre la messe clandestinement, dans un lieu ou un simple signe de croix conduit à la mort ; il distribue jusqu’à huit mille communions par mois.
C’est la vie des premiers chrétiens des catacombes. En mars et avril 1945, devant l’avancée des troupes américaines, les SS évacuent Buchenwald. Le 8 avril, Maurice Rondeau et quatre-vingt de ses compagnons sont emmenés dans des conditions épouvantables à Cham, en Bavière. C’est là qu’ils sont libérés par la 22ème Division blindée américaine, le 28 avril. Mais Maurice Rondeau tombe malade le soir même. Atteint d’une pneumonie, il meurt le 3 mai. Une cause de béatification comme martyr de l’apostolat est en cours d’instruction au Vatican.
« Chacun d’entre nous a sa vocation propre, son rôle à jouer dans la Création, où personne ne pourra le remplacer ! Le monde serait bientôt changé si tout être humain était convaincu qu’il joue un rôle unique dans la grande scène de la vie, qu’il est une note indispensable dans le concert de la Création, que s’il néglige de répondre à l’appel qu’il a personnellement reçu, il y aura un vide, un trou, là où devrait figurer son action. »
« Tout ce que le Christ a souffert, nous l’avons souffert. Nous avons souffert Sa Passion. Je pourrais dire, des heures durant, ce que je sais, ce que j’ai vu, ce que j’ai entendu, et en faire hurler des foules d’auditeurs, mais mon rôle de prêtre n’est pas de propager la haine. Ce que je veux dire et ce que je veux que l’on sache, c’est que nous avons vécu dans ces camps un christianisme intégral, tel le christianisme primitif, et que nous avons vu, de nos propres yeux, l’action du diable. J’ai vu des miracles, on ne peut pas tout dire, mais croyez-moi, j’ai vu des miracles. »